Happy End

Canal+
20/09/18 ~ 01:10 - 02:50

A Calais, Georges Laurent, patriarche d'une famille bourgeoise, accueille sa petite fille, Eve, dont la mère est dans le coma après l'absorption d'une surdose de médicaments. Chez le vieil homme, l'atmosphère est souvent sinistre, entre Thomas, qui n'assume pas une double vie, et sa soeur Anne, qui doit s'occuper en même temps d'un accident qui a frappé le chantier sur lequel elle travaille et de son fils Pierre, qui connaît de nombreux problèmes... Critique : | Genre : fin de partie. Les avis sont partagés Pour 2T Après deux Palmes d’or, Le Ruban blanc (2009) et Amour (2012), Michael Haneke ne renonce pas à nous parler de violence, d’enfermement et de mort. Mais il le fait, cette fois, sur le ton presque léger d’une comédie noire, un puzzle humain glaçant et pourtant ludique, dans une famille de grands bourgeois, à Calais. Ces personnages sont ceux d’une farce sombre et ­débridée. Mais le sens de la mesure du ­cinéaste est magistral. S’il réaffirme sa vision d’une société occidentale mortifère, Haneke ne s’acharne pas sur ses « bourgeois de Calais ». Il fait d’eux des aveugles, buttant sur une vie dont même la dureté leur échappe. Des migrants qui errent dans la ville rappellent cette réalité vraiment brutale, devenue lointaine. Un film d’une lucidité tranquille sur un naufrage collectif dans l’inconscience joyeuse… — Frédéric Strauss Contre ???On n'aime pas Happy End est un concentré des obsessions déprimantes et des figures de style glaciales du maître autrichien, jusqu’à l’autocitation — le personnage de Trintignant explique avoir étouffé son épouse malade pour apaiser ses souffrances, comme dans Amour. Mais le pot-pourri vire au radotage. Et pour la satire sociale, Buñuel et Chabrol étaient à la fois plus percutants et moins sinistres. Plus gênant encore, l’embarras des bourgeois face à l’intrusion des migrants semble être partagé par Haneke lui-même : ces pauvres ­figurants, le film les accueille in extremis, à la sauvette… — Samuel Douhaire