Google, Apple, Facebook, les nouveaux maîtres du monde

France 2
01/11/18 ~ 21:00 - 22:45

Ils s'appellent Bill Gates, Mark Zuckerberg, Sergey Brin ou encore Larry Page : ces Américains, dont certains n'ont pas encore 40 ans, comptent parmi les hommes les plus riches et les plus puissants de la planète. Leur point commun ? Ils ont créé le monde d'aujourd'hui grâce à une révolution technologique sans précédent : Internet et les réseaux sociaux. Anciens ados visionnaires devenus les dirigeants des plus grandes entreprises du secteur – Google, Facebook, Apple, Microsoft –, ils possèdent aujourd'hui un pouvoir d'un genre nouveau. Celui de contrôler les communications de toute la planète et de stocker les informations privées de tout un chacun. Un pouvoir très convoité, qui a pu les entraîner parfois dans des liaisons dangereuses avec les services secrets ou les gouvernements, notamment américains. Critique : « Je suis désolé. » Le 10 avril dernier, Mark Zuckerberg s’excuse platement. Ça n’arrive pas si souvent. Longuement auditionné par le Congrès américain, le patron de Facebook reconnaît que son entreprise n’a pas su se prémunir contre Cambridge Analytica, nom de cette officine britannique accusée d’avoir siphonné les données de 87 millions d’utilisateurs pour nourrir la campagne électorale de Donald Trump. Une tape sur les doigts et puis s’en va… Cet exercice de contrition est à la fois le point de départ et d’arrivée de ce documentaire très scolaire, qui s’intéresse au marronnier du moment : le pouvoir quasi illimité des géants du numérique, « qui tiennent entre leurs mains les clés du monde moderne ». Plombé par une première heure dispensable (qui se contente d’égrener chapitre par chapitre la naissance déjà très documentée d’Apple, Google et Facebook, avant de faire un détour par l’inévitable affaire Snowden), le film devient bien plus pertinent quand il aborde la convergence entre la Silicon Valley et le pouvoir politique. « Ce que nous partageons, c’est la croyance que nous pouvons changer le monde en partant de la base », clamait un sénateur démocrate du nom de Barack Obama en annonçant sa candidature à la Maison-Blanche en 2007. Les plateformes, elles, n’oublient pas le sommet de la pyramide : sur les 41 sénateurs républicains qui ont interrogé Mark ­Zuckerberg, 35 ont reçu des dons des lobbyistes de Facebook. La preuve que le capitalisme numérique ne vise rien d’autre que la consolidation de son propre pouvoir. Il aurait peut-être fallu commencer par là.