Gervaise

Arte
02/08/20 ~ 08:40 - 10:35

Une adaptation de L'Assommoir parfaitement naturaliste où René Clément se concentre sur Gervaise, la boiteuse victime de son mari, et de Lantier, le père de ses enfants. Cette étude de mœurs très noire bénéficie d'une mise en scène d'un réalisme minutieux, sans une once d'apitoiement. - Critique : Paris, 1852. Gervaise est abandonnée par son amant avec ses deux enfants. Sans ressources, elle réussit à remonter la pente, épouse un ouvrier zingueur dont elle a une fille, Nana, et économise l’argent pour une blanchisserie rue de la Goutte-d’Or… Les scénaristes Aurenche et Bost donnent de L’Assommoir une adaptation parfaitement fidèle à l’optique naturaliste. René Clément a porté toute l’attention sur ­Gervaise, la boiteuse traînant une lourde hérédité et atteinte par la contagion du milieu : l’ivrognerie de Coupeau, les manœuvres de Lantier, reparaissant pour lui « manger sa boutique ». Le travail de mise en scène est d’un réalisme minutieux et d’une observation lucide et détachée. ­René Clément ne s’apitoie pas sur les personnages, il les montre victimes d’un ­déterminisme qui rejoint sa propre conception de cinéaste-auteur sur la « non-liberté » de l’être humain. Cette étude de mœurs, d’une noirceur sans espoir, est admirablement interprétée. On a vanté, à juste titre, la composition de Maria Schell. Mais Suzy Delair donne à Virginie, l’ennemie de Gervaise, implacable dans sa vengeance, un relief saisissant.