Gauche, année zéro ?

LCP
24/08/18 ~ 17:00 - 17:55

Retour sur les dernières semaines du quinquennat Hollande avec, en filigrane, une question : le PS est-il sur le point de mourir de ses divisions ? Critique : « Il est parfois plus intéressant de filmer les vaincus que les vainqueurs », nous confiait récemment Serge Moati en évoquant Gauche, année zéro. Pour ce documentaire, chronique d’une mort annoncée, le réalisateur a voulu filmer et comprendre en temps réel le naufrage du pouvoir socialiste, du renoncement de François Hollande à la présidentielle (le 1er décembre 2016) au « Waterloo électoral » qu’a représenté le second tour des élections législatives, le 18 juin dernier. Quarante-six ans plus tôt, François Mitterrand posait les jalons d’une gauche de gouvernement au congrès d’Epinay. « Je filmais déjà », glisse Moati, rappelant que, cette gauche-là, il l’aura vue naître et mourir. A cet égard, le documentaire semble être une manière tantôt sentimentale, tantôt détachée, de dire au revoir à un parti qui a compté pour lui. Sans s’effacer totalement derrière son propos, l’ancien conseiller de François Mitterrand vit plusieurs mois de campagne socialiste de l’intérieur. Il suit un premier ministre « en CDD », Bernard Cazeneuve, qui lui ouvre les portes de Matignon mais ne laisse filtrer aucune image compromettante. En parallèle, Serge Moati court les meetings aux côtés d’un jeune militant parisien hamoniste qu’il observe osciller entre espoir et désillusion, avec une affection paternelle. Du militant de base au candidat malheureux Benoît Hamon, il tente d’extorquer le maximum de révélations aux acteurs du PS sur cette cinglante défaite « en marche ». Ambiance fin de règne où chacun se renvoie la balle… Au point que les questions essentielles restent pour certaines en suspens.