Fugitif, où cours-tu ?

Arte
01:20 - 02:50

La Jungle de Calais vient d'être démantelée, mais certains de ses habitants hantent encore la région, lande déserte couverte de débris. Ils racontent ce qui était encore il y a peu leur quotidien : étonnement des évacuations, attente des tentatives de départ, conditions de vie indignes. Certains racontent leur parcours alors que, parallèlement, d'autres créent des fragment d'une vie plus normale. Critique : De Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, on a vu en avril L’Héroïque Lande, la frontière brûle, tourné dans la « jungle » de Calais jusqu’à son démantèlement. Avec Fugitif, où cours-tu ?, ils prolongent avec la même liberté leur ample geste descriptif, plongeant dans une « jungle » détruite où hommes et femmes survivent comme ils peuvent, luttant contre le désespoir en rêvant d’un Royaume dont la mer les sépare. Loin des codes du reportage, les deux cinéastes donnent à entendre des paroles graves et douces dans l’entièreté de leur mouvement. S’attardent sur un visage qui sourit ou sur un corps qui danse face à la mer comme un mur qu’il suffirait de traverser — croient-ils — pour que la liberté s’offre à eux. Préférant les murmures aux cris, Fugitif, où cours-tu ? dessine d’un trait souple les contours d’une prison à ciel ouvert, où « la vie est si dure qu’il y est même douloureux d’espérer ».
 
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