Free to Run

Arte
10/04/19 ~ 23:55 - 01:30

L’histoire, passionnante, de la course à pied longue distance, longtemps réservée aux hommes et progressivement ouverte aux femmes à partir des années 1960. Un documentaire grisant, à l’énergie communicative. Critique : Il fut un temps où le « running » était un sport de marginaux. De quoi tirer une galerie de portraits hauts en couleur et un documentaire plein de tonus. Et si l’aphorisme prêté à Jean Gabin, « pour faire un bon film, il faut trois choses : d’abord une bonne histoire, puis une bonne histoire, et enfin une bonne histoire », s’appliquait aussi aux documentaires ? Réalisateur suisse féru de sport, Pierre Morath nous raconte celle, passionnante, de la course à pied longue distance et entremêle avec virtuosité au moins trois destins dignes d’un biopic hollywoodien : ­celui de la pionnière Kathrine Switzer, de Steve Prefontaine, athlète incandescent et rebelle, et de Fred Lebow, mythique organisateur du marathon de New York. Avant que la consommation de masse le rattrape, le running était un sport de marginaux, quasiment réservé aux hommes. Dans les années 1960, il devient un combat pour les femmes : frisson garanti lorsque Joan Benoit, sous les hourras de la foule, s’engouffre dans le stade, à Los Angeles, lors du tout premier ­marathon olympique féminin de 1984. Le film génère une telle énergie et prône si ardemment le progrès social qu’on en oublie ses faiblesses formelles (les témoignages face caméra, par exemple). But ­réconfortant du ­cinéaste : prouver que même un ­coureur un peu disgracieux peut faire rêver…