Free Fire

Canal+
19/11/18 ~ 10:05 - 11:36

Des trafiquants d'armes nerveux livrent un stock de fusils automatiques à des gangsters irascibles. Sur ce scénario d'une simplicité provocante, un film voulu comme un jeu de massacre. Mineur mais plaisant et drôle, avec des acteurs savoureux. Critique : Dans un entrepôt, des trafiquants nerveux livrent une cargaison de fusils automatiques à des gangsters irascibles. On sort les flingues, et voilà tout… Qui pour mettre en scène ce scénario rudimentaire ? Le Britannique déluré Ben Wheatley (Kill List) y a vu un pari, un défi. Dans l’accumulation des coups de feu et des morts, il trouve matière à une inventivité imprévue. Construit sur un décor unique, le film est situé dans les années 1970, ce qui permet une coupure totale — faute de portables — avec le monde extérieur. On en revient, du même coup, à une violence rétro, amusante et pétaradante. L’entrepôt a aussi le mérite de créer un espace théâtral. Assez vite, tous les personnages, blessés, rampent au sol, et on pourrait se croire dans une tragi-comédie absurde. Le choix des comédiens, excellents, accentue, par contraste, le réalisme : c’est une collection de gueules de gangster aux rictus pleins de vérité, entourant une poupée armée, elle aussi (Brie Larson, oscarisée pour Room). On sent l’influence artistique du producteur exécutif, Martin Scorsese… Ben Wheatley, capable de donner de l’ampleur au jeu de massacre, le ramène souvent, comme par modestie, à sa dimension mineure, ludique et provocante. Un humour de dessin animé fuse sur ce champ de tir, autorisant tous les gags, sophistiqués ou sanguinolents. Pas toujours du meilleur goût, ils ne sont jamais insipides, à l’image du film.
 
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