France 98 : nous nous sommes tant aimés

France 4
11/06/18 ~ 22:30 - 23:45

Jamais une équipe sportive n'avait fait autant chavirer le coeur des Français. Le 12 juillet 1998, les Bleus remportaient, chez eux, la Coupe du monde de football. Ce soir-là, le peuple de France est parti dans les rues crier sa joie de faire partie d'une nation qui avait vaincu ses haines et ses peurs. Vingt ans après cette finale face au Brésil, ce documentaire donne longuement la parole à six champions du monde afin qu'ils racontent leur victoire tout en y apportant une lecture sociétale et politique. Leurs récits intimes sont illustrés par un document inédit : des images rares de l'équipe de France 98 – jamais montrées à la télévision. Avec Lionel Charbonnier, Stéphane Guivarc'h, Bernard Lama, Frank Leboeuf, Emmanuel Petit et Lilian Thuram. Critique : « J’ai joué beaucoup de Coupes du monde avec mes amis du bac à sable. Il y avait une règle : on ne pouvait pas arrêter avant que je gagne. » Lilian Thuram était un petit bonhomme déterminé, mais un « garçon ordinaire », d’après ce documentaire. C’est ainsi que Mustapha Kessous qualifie l’ancien défenseur, tout comme Bernard Lama, Lionel Charbonnier, Frank Lebœuf, Emmanuel Petit et Stéphane Guivarc’h. Les six champions du monde déroulent le fil qui les a conduits à soulever la plus prestigieuse de toutes les coupes, il y a vingt ans. Thuram s’exprime devant La Liberté guidant le peuple, Petit se place entre les statues d’une autre salle du Louvre… Sans doute une manière de dire que, finalement, ces garçons-là sont différents, même si les images captées par la petite caméra de Bernard Lama — inédites — semblent montrer une simple bande de potes. Ce prolongement des Yeux dans les Bleus fait son possible pour éviter les redites. Surtout, il entretient le mythe. Celui de joueurs prêts à tout pour défendre le maillot national, même à encourager sagement les copains depuis le banc. Seul Charbonnier, qui s’y est assis durant toute la compétition, reconnaît se sentir « un peu extérieur à tout ça » au moment de soulever la coupe. Il est dommage que le documentaire ne creuse pas cet aspect-là. Ce qui n’enlève rien au plaisir de revivre une énième fois ces moments de joie.