Fourmi

Canal+
26/02/21 ~ 16:14 - 17:59

Le jeune Théo vit avec Laurent, son père qui oublie les échecs de sa vie en allant au bristot. Doué sur un terrain de football, l'adolescent est repéré par un recruteur d'Arsenal. Laurent est aux anges. Mais finalement, Théo n'est pas retenu car il est trop petit. Ne voulant pas décevoir son père, il lui ment et lui annonce qu'ils doivent se rendre en Angleterre. Peu à peu, Theo ne contrôle plus rien et avec son père, ils préparent leur voyage. Laurent apprend des rudiments d'anglais et tente de rester sobre, soutenu par Sarah, une assistante sociale... - Critique : Dans son club de foot, il se fait remarquer par sa grande agilité et sa petite taille : encore haut comme trois pommes malgré ses 12 ans, Théo (campé par l’étonnant Maleaume Paquin) a été surnommé Fourmi. Tout un programme pour le réalisateur Julien Rappeneau qui, après Rosalie Blum (2015), réaffirme son talent pour les miniatures. Quand Théo dribble sur le terrain, le plan fourmille de détails. Ici, son père, Laurent (François Damiens), qui a trop souvent la gueule de bois. Là, Claude (André Dussollier), l’entraîneur sérieux comme un pape, flanqué d’un neveu qui l’appelle Tonton, se passionne pour la pâtisserie et, au lieu de suivre le jeu, distribue des gâteaux. La comédie se niche dans les détails. Et le scénario, adapté d’un roman graphique (Dream Team, de Mario Torrecillas et Artur Laperla), compose avec patience une belle mosaïque : dans son petit club, Fourmi est repéré par le recruteur d’un grand club, et pour aider son père, qui a tellement besoin de trouver l’espoir ailleurs qu’au fond d’un verre, le gamin dit qu’il a été engagé. Un mensonge qui fera beaucoup de ricochets, tous orchestrés avec une précision d’horloger et un amour infini pour les personnages secondaires, la minutie du trait. En semant ses plans com­me des graines, Julien Rappeneau finit avec une belle moisson : un film qui parle de grandir, quand on est fils comme quand on est père. Et qui joue collectif. Comme les fourmis.