Forfaiture

France 3
08/10/18 ~ 00:20 - 02:00

Hommage au film américain tourné par Cecil B. DeMille en 1915. Dans un décor d'Orient de pacotille s'opposent les mœurs européennes civilisées et la cruauté tout asiatique d'un despote qui convoite une femme blanche. Cocktail réussi de film noir et de drame passionnel. Critique : Denise Moret rejoint son mari, ingénieur en Mongolie. Le prince Hu-Long, grand seigneur, tombe amoureux d’elle… C’est la première version de Forfaiture, réalisée en 1915 par Cecil B. DeMille, qui avait fait découvrir à Marcel L’Herbier, passionné de musique et de littérature, la puissance du cinéma. Quand, dans les années 1930, on lui propose le remake, il est voué malgré lui au cinéma commercial, après avoir été l’un des grands du muet. Il sacrifie ici au film d’aventures à décor exotique. L’opposition entre les mœurs européennes policées et la sauvagerie asiatique, dissimulée sous l’impassibilité du prince, nous ramène à une mythologie simpliste à base de « péril jaune » et de cruauté raffinée. Pourtant, L’Herbier a mis l’accent sur un conflit individuel : l’imprudence d’une Occidentale jouant avec la passion d’un Oriental qui possède son propre code d’honneur. Promise, par sa faute, à un destin de victime, Lise Delamare provoque, en pleine cour d’assises, un coup de théâtre qui est le grand morceau dramatique du film. Sessue Hayakawa — qui était déjà le héros de la version signée DeMille — tire la couverture à lui. Dimanche prochain, suite du cycle Patrimoine français, avec Accord final, d’Ignacy Rosenkranz et Douglas Sirk (1938).