Fin de vie, le dernier exil

France 5
23/05/18 ~ 20:55 - 22:05

Hélène, 29 ans, et Monique, 84 ans, sont atteintes de maladies incurables. Elles veulent choisir leur mort, ne pas attendre que leurs corps décident pour elles, craignant avant tout la souffrance, la dégradation physique et l'image d'agonie qu'elles laisseraient à leurs proches. En France, l'euthanasie et l'assistance au suicide sont interdites par la loi Leonetti, qui encadre la question. Les deux femmes jugent leur calvaire indigne. Elles choisissent, devant la caméra, de prendre les devants, de contourner la loi en se tournant vers l'étranger. La Belgique pour Hélène, la Suisse pour Monique. Leur cas est loin d'être isolé. Critique : Hélène, 28 ans, atteinte de la maladie de Charcot, part consulter en Belgique, où elle espère que sa demande d’euthanasie sera acceptée. Le voyage, de Bordeaux à Bruxelles, la fait souffrir. « Si la loi française évoluait, dit-elle, il me suffirait d’aller dans un hôpital près de chez moi. » Dans le train, elle confie : « C’est mon corps, c’est moi qui souffre. Et on me dit “C’est bien, souffre jusqu’au bout, c’est plus éthique !” Non, je ne vois pas où est l’éthique. » La caméra suit également Monique, 84 ans, qui malgré plusieurs AVC garde l’œil malicieux et ­l’esprit vif : elle a choisi le suicide assisté en Suisse. Ou encore ce médecin qui, en Provence, fournit à ceux qui le lui demandent un mode d’emploi pour en finir, à l’aide de barbituriques commandés en Chine. En laissant s’exprimer les premiers concernés, filmés dans une grande dignité, les réalisatrices offrent un plaidoyer pour ceux qui veulent décider de leur mort. Mais elles creusent aussi les limites de la loi belge, qui ouvre l’euthanasie aux ­dépressifs, et soulignent les dérives d’organisations suisses qui aident à mourir contre de belles sommes d’argent. Les Français sont 89 % à souhaiter que la loi sur la fin de vie évolue (1) ; « c’est une vague de fond sans résonance », constatent les ­réalisatrices. Un médecin belge tente une pointe d’humour : « Le pays des Lumières est sous un abat-jour. Si c’était si beau de mourir en France, les Belges partiraient profiter de la loi Leonetti. »   (1) Sondage Ifop pour La Croix, janvier 2018.   Suivi d’un débat.
 
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