Fille d'amour

France 5
14/02/21 ~ 00:00 - 01:25

Carlo Rivelli, jeune et fringant jeune homme issu d'une école d'ingénieur, marche sur les traces de son père, un industriel désargenté. C'est alors que Carlo rencontre la belle Margherita, une prostituée, qui n'a aucune peine à le séduire. Mais leur histoire d'amour naissante semble vouée à l'échec... - Critique : Homme de lettres et franc-tireur, Vittorio Cottafavi (1914-1998) reste admiré par des cinéphiles érudits, notamment pour ses péplums, réalisés à partir de la fin des ­années 1950 (La Révolte des gladiateurs, Les Légions de Cléopâtre…). Fille d’amour arrive un peu en amont dans sa filmographie pléthorique, à l’époque où il signait des mélodrames populaires en marge du néoréalisme. Dans le genre, ce cru 1953 est l’un de ses meilleurs, avec Une femme a tué (1952). Le film raconte l’amour impossible, à Milan, entre un ingénieur sans le sou et une prostituée de luxe (impressionnante Barbara Laage), sous la coupe d’une mère maquerelle bourgeoise (Gabrielle Dorziat). Soit une version contemporaine de La Traviata, opéra de Giuseppe Verdi, lui-même inspiré de La Dame aux camélias, roman d’Alexandre Dumas fils. Sensible à la condition féminine — les protagonistes masculins sont plus fades —, le cinéaste se montre à l’aise pour exprimer la détresse des personnages, par les conversations de chambre ou les scènes en mouvement. Lors d’un plan-séquence à bord d’un train, l’héroïne fuit ainsi à travers un couloir exigu : les cloisons des compartiments semblent se refermer sur elle comme un piège, signe avant-coureur de ce qui l’attend… Samedi prochain, suite du cycle italien avec La Chronique des pauvres amants, de Carlo Lizzani (1954), avec Gabriele Tinti, Marcello Mastroianni, Anna Maria Ferrero.