Fahim

Canal+
26/08/20 ~ 09:43 - 11:26

Attiré par un avenir meilleur en France, le jeune Fahim et son père quittent le Bangladesh et leur famille pour Paris. A leur arrivée, ils découvrent que leur logement qu'on leur avait promis n'existe plus et bataillent pour obtenir l’asile politique. Ils se heurtent plus d'une fois à la machine administrative Grâce son père, Fahim se passionne pour les échecs. Il finit par croiser la route de Sylvain, homme bourru et aux méthodes radicales mais surtout l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Alors que le Championnat de France commence, Fahim et son père sont menacés d'expulsion. Pour s'en sortir, Fahim doit absolument gagner la compétition... - Critique : Le film est inspiré d’une histoire vraie. Celle de Fahim Mohammad, réfugié bangladais, sans papiers, devenu en 2012 champion de France d’échecs des moins de 12 ans. Ému par le destin du jeune virtuose, Pierre-François Martin-Laval décrit son parcours tourmenté en commençant par sa situation au Bangladesh, à Dacca, où il brille déjà aux échecs. Mais la situation politique est très tendue. Son père, chef d’une brigade de pompiers et opposant au régime, craint pour sa famille, dans un contexte de répression terrible. C’est avec ce père déterminé que Fahim quitte clandestinement le pays, en ayant l’espoir que la mère et la sœur les rejoindront. Arrivé en France, Fahim rejoint le club d’échecs de Créteil, où officie un maître bourru (Depardieu, impec) au profil de tocard, mais dont le didactisme s’avère fécond. Fahim regorge de bons sentiments et s’achemine vers une victoire attendue. Reste que le suspense est bien tenu, sans que le cinéaste oblitère les épreuves des demandeurs d’asile (avec l’enjeu crucial de la traduction), l’exclusion, le sans-abrisme. L’ex-­Robin des Bois parvient aussi à glisser quelques notes d’humour, tendre, bien dosé. Le refuge que représente le club d’échecs, l’entraide que Fahim y trouve, la galerie de portraits des petits prodiges de l’échiquier, tout cela passe très bien. Attendrissant mais pas trop est l’heureux dénouement.