Face à Carlos le chacal

France 2
09/10/18 ~ 23:10 - 00:25

En 2014, la journaliste Sophie Bonnet obtient un droit de visite pour rencontrer un prisonnier que beaucoup pensent mort : Carlos. Le terroriste, qui fut l'homme le plus recherché de France pendant deux décennies, est emprisonné depuis 1994 non loin de Paris. Il purge trois condamnations à perpétuité pour une série d'attentats meurtriers. Durant quatre ans, les parloirs se succèdent à la centrale de Poissy. Des centaines d'heures d'un face-à-face éprouvant durant lesquelles Sophie Bonnet se confronte à un Carlos autoritaire, mégalomane, obsessionnel et manipulateur. Au fil du temps, une relation complexe se noue, un lien trouble toujours sur le fil. Peu à peu, celui qui fut l'un des fondateurs du terrorisme international, combattant pour la cause palestienne, dévoile les zones d'ombre de sa trajectoire tortueuse. Critique : « Ma chère Sophie, je serais très content de vous rencontrer. » Difficile de croire que ces mots portent l’empreinte d’Ilich Ramírez Sánchez, alias « Carlos le Chacal ». Ils s’adressent à Sophie Bonnet, coauteure avec Christophe Bouquet de ce portrait glaçant du terroriste international. Le 10 mai 2014, la journaliste pénètre, dans la centrale de Poissy, où l’homme purge trois condamnations à perpétuité pour une série d’attentats meurtriers. Durant quatre ans, leurs face-à-face au parloir donnent lieu à des centaines d’heures d’entretiens. Harassants — l’ex-ennemi public numéro un peut se montrer manipulateur, mégalo et très agressif — , ils passent au peigne fin sa trajectoire schizophrénique : son combat pour la cause palestinienne, ses crimes à la solde du régime syrien, ses alliances avec d’ex-nazis, mais aussi sa fascination pour l’argent… Au fil du temps, une relation complexe, troublante, unit le terroriste à la journaliste. « Malgré moi un lien se créé même si je n’oublie jamais que Carlos a été un tueur sanguinaire ». D’anciens frères d’armes, son frère cadet ou le juge Bruguière démontent quant à eux le mythe dans un maelström d’archives sanglantes. Face à l’impossibilité de tourner en prison, les réalisateurs ont opté pour la rotoscopie. Cette technique d’animation consiste à redessiner la silhouette du terroriste en pleines confidences. Empruntée à Valse avec Bachir, elle confère au film une certaine esthétique graphique. Et joue comme un filtre nécessaire devant les horreurs décrites.