Esclaves de Daech

Arte
Le destin des femmes yézidies
19/06/18 ~ 22:20 - 23:20

A l'été 2014, l'Etat islamique s'empare de Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, foyer des Yézidis, minorité monothéiste kurdophone. Daesh a perpétré dans cette région de nombreux crimes, assassinant les hommes et réduisant les femmes à l'esclavage sexuel. Deux victimes, Dalal et Lewiza, ont accepté de raconter leur sort tragique. Enlevées avec d'autres femmes et jeunes filles de leur famille, vendues puis revendues comme esclaves sexuelles, elles sont parvenues à fuir leurs ravisseurs après plusieurs mois de captivité. Aujourd'hui réfugiées en Allemagne, elles espèrent que la Cour pénale internationale leur rende justice. Critique : A l’été 2014, la zone de Sinjar, au nord-ouest de l’Irak, tombe aux mains des djihadistes de Daech, qui s’acharnent sur la minorité kurdophone yézidie. Elimination massive des hommes, viol systématique des femmes, asservissement sexuel… les horreurs perpétrées par l’Etat islamique visent à la destruction planifiée du peuple yézidi. Enlevées avec d’autres jeunes filles, vendues comme esclaves, Dalal et Lewiza parviennent à fuir leurs ravisseurs après plusieurs mois de captivité et à gagner un camp de réfugiés. Mais dans une communauté où le viol déshonore celles qui en sont victimes, leur futur risquait fort de rimer avec bannissement ou suicide. Un psychologue germano-kurdo-yézidi convainc alors le land du Bade-Würtemberg d’accueillir mille d’entre elles pour les aider à se reconstruire. Dalal et Lewiza en font partie, qui reprennent doucement goût à la vie et témoignent face à la caméra de Phillipe Sands, avocat et réalisateur, spécialisé dans la défense des droits de l’homme. Circonstanciés, précis et terrifiants, leurs récits documentent peu à peu des atrocités que Philippe Sands espère voir qualifier par la Cour pénale internationale de génocide. Si, en novembre 2015, Sinjar a été reconquise par les forces kurdes irakiennes, les traces du calvaire enduré par le peuple yézidi sont toujours là. Ne pas oublier, se battre pour que les bourreaux soient châtiés… l’ambition du film est noble. Dommage que le montage chaotique et la multiplicité des angles — sous-explorés en plus — diluent l’intensité des témoignages.   Dans le cadre d’une Thema : suivi d’un entretien avec le psychologue allemand Jan Ilhan Kizilhan, qui dirige un programme d’aide aux femmes yézidies et chrétiennes victimes de l’Etat islamique, et de la rediffusion du documentaire Kurdistan, la guerre des filles (France, 2015).
 
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