Equalizer 2

Canal+
01/06/20 ~ 11:11 - 13:08

Robert McCall, un ancien espion, joue les justiciers solitaires depuis le meurtre de sa femme. Inconsolable, il peut compter sur le soutien de son amie Susan Plummer. Mais sa vie est nouvelle fois bouleversée quand celle-ci est assassinée. Il se met en tête de trouver les meurtriers et découvre qu'il s'agit de tueurs professionnels. McCall devient alors la cible d'une puissante organisation criminelle. Son enquête l'emmène en Turquie où il va tenter de sauver une jeune américaine qui a été kidnappée... - Critique : Sur le baromètre de la critique américaine, Equalizer 2 a provoqué un gros coup de froid en plein été, tandis que le public se montrait plus que chaleureux, gratifiant le film d’un A sur l’échelle de CinemaScore (mesureur officiel des cotes d’amour, échelonnées de A+ à F). Dans ce bon vieux divorce entre les « spécialistes » et les « vrais spectateurs », donnons tout de suite raison aux mangeurs de pop-corn. Equalizer 2 est un film sympathique. Et c’est déjà beaucoup, car tous les ingrédients étaient réunis pour une affreuse tambouille. C’est peu dire qu’il fait peur, ce gentil chauffeur qui joue les anges gardiens pour ses clients, prêt à se battre pour eux s’il le faut : on sent que ce redresseur de torts va collectionner les bonnes actions et finir avec une médaille de Saint-Sauveur. Tout en cassant des doigts, des bras, des gueules, en écrabouillant, en saignant à blanc… Avant de rentrer dans son appartement solitaire pour lire le dernier tome de A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Une petite afféterie que certains critiques américains ont détesté, trouvant inadmissible que le réalisateur d’Equalizer 2, le modeste Antoine Fuqua, se prenne pour le grand Jean-Pierre Melville en train de mettre en scène son chef-d’œuvre, Le Samouraï (1967). Un reproche qu’il faut corriger : c’est plutôt Denzel Washington qui, dans Equalizer 2, se prend pour Delon. Et il a complètement raison. Tout le film est façonné par lui, par sa présence solide, sa force toujours tranquille, sa classe tout bonnement impériale qui donne le bon tempo au cinéma d’action pas naturellement stylé d’Antoine Fuqua. A son personnage de vengeur a priori bas de gamme, Denzel Washington apporte une forme d’éternité : il en fait une figure intemporelle, capable de passer à travers de situations conventionnelles de série B sans rien perdre de ses qualités. Comme pour prendre acte que l’acteur évolue dans une autre dimension, le film lui offre une longue séquence finale absolument fantomatique, tournée au milieu d’une tempête où il n’est pratiquement plus visible, tout en étant partout. Il y a vraiment là un jeu avec le caractère à la fois monumental et insaisissable de la star : un registre dans lequel Delon s’est souvent illustré. Pour Denzel Washington, c’est plus nouveau, comme si, après un premier Equalizer (2014) plus ordinaire, l’acteur avait voulu, avec ce second volet, partir ailleurs plutôt que de se répéter. Et montrer de quel bois il peut se chauffer aujourd’hui.
 
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