Ephraim Kishon

Arte
Rire pour survivre
24/08/18 ~ 02:25 - 03:20

Auteur de best-sellers satiriques, chroniqueur de presse à la plume acérée et réalisateur de comédies à succès, Ephraim Kishon, survivant du génocide, a conquis la célébrité après-guerre non seulement en Israël, sa terre d'adoption, mais également outre-Rhin, où son oeuvre a rencontré un immense succès dès les années 1960. Né Ferenc Hoffman à Budapest en 1924, ce fils de banquier juif, qui rêvait d'études de lettres, en est privé par le régime hongrois pronazi, et s'oriente vers l'orfèvrerie. Déporté en 1944 avec sa famille, il parvient à s'évader et à rejoindre la capitale. Caché dans une cave et ravitaillé en secret par un ancien voisin jusqu'à la capitulation allemande, il y trompe la peur et la solitude en écrivant son premier texte, «Mon peigne», un pastiche de «Mein Kampf», où il substitue les chauves aux juifs. Critique : Avec quarante-trois millions de livres écoulés dans le monde, Ephraim Kishon reste l’un des écrivains israéliens les plus populaires. Le parcours de ce satiriste et réalisateur de comédies à succès (Sallah Shabati, etc.) est purement romanesque. Il comporte de troublantes similitudes avec la nouvelle Le Joueur d’échecs, de Stephan Zweig. Né Ferenc Hoffman, à Budapest, en 1924, ce fils de banquier juif est déporté en 1944. Son talent aux échecs lui vaut les bonnes grâces du commandant d’un camp de travail, lui aussi joueur féru. Parvenant à s’évader, Hoffman rentre à Budapest, change d’identité et se cache dans une cave, protégé par un ancien voisin. C’est là qu’il rédige Mein Kamm (mon peigne), parabole satirique du Mein Kampf de Hitler, où il substitue les chauves aux Juifs. Emigrant en Israël en 1949, il hébraïse son nom, apprend la langue à une vitesse prodigieuse et se livre, notamment dans la presse, à la chronique acide des travers de ses contemporains. Nul besoin de connaître l’œuvre de Kishon sur le bout des doigts pour s’attacher à l’auteur de Quelle famille ! Mais c’est la mienne, disparu en 2005. Intégrant à merveille quelques séquences animées dans une trame particulièrement riche, mêlant archives et interviews récentes de membres de la famille Kishon, ce portrait tendre mais sans concession est une réussite sur le fond comme sur la forme. Et une parfaite introduction à l’humour juif le plus mordant.