Enfants fantômes

LCP
Un défi pour l'Afrique
26/09/18 ~ 00:30 - 01:30

Plus de 230 millions d'enfants à travers le monde n'ont jamais été enregistrés à leur naissance et sont, de fait, inconnus aux yeux de leur propre pays. Plus d'un tiers de ces enfants vit en Afrique subsaharienne, au Sénégal ou au Burkina Faso. Les conséquences de cette place hors de la société sont souvent dramatiques : mariages précoces, travail forcé et difficultés pour mener des études ou pour voter. Critique : Les chiffres sont effrayants : en Afrique subsaharienne, un enfant sur deux vivrait sans identité légale. Lors de sa naissance et dans les mois et années qui suivent, il n’a pas été déclaré à l’administration par ses parents. Méconnaissance des procédures, mairie trop éloignée, illettrisme… les raisons de cet « oubli » sont nombreuses. Mais les conséquences pour ces enfants fantômes, invisibles car non comptabilisés comme citoyens de leur pays, sont graves : s’ils peuvent s’inscrire à l’école, ils n’ont pas le droit de passer les examens et ne bénéficient d’aucun soutien social. Santé, justice… : ils sont « condamnés à vivre à la marge ». La journaliste Dominique Tchimbakala a enquêté, avec ténacité, sur ce phénomène, interviewant ceux qui œuvrent à une prise de conscience et à des gestes concrets. Tel Mamadou Diedou, instituteur en haute Casamance, qui veille à ce que ses élèves aient un acte de naissance ou régularisent leur ­situation. Ou encore ces équipes de l’Unicef dans leur travail de sensibilisation dans des zones reculées auprès des notables (chefs de villages, imam, prêtre…) et des parents. Malgré de gros ratés (incarnés par ces rangées d’ordinateurs encore empaquetés faute de câblage Internet), des initiatives numériques s’avèrent concluantes. Et la joie des « régularisés », communicative.
 
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