El reino

Canal+
31/08/20 ~ 08:29 - 10:36

Manuel López Vidal , un influent vice-secrétaire régional, est sur le point de satisfaire son immense ambition en obtenant un mandat au niveau national. Or, les médias dont des preuves de ses manigances (passées et présentes) comme celles de ses camarades de parti (malversations, comptes en Suisse...), Manuel est convoqué par la présidente du parti en accord avec la transparence totale voulue par un nouveau membre. Manuel réalise assez vite qu'il va être le seul à payer, car ses camarades impliqués vont l'accabler pour sauver leur peau... - Critique : « Du calme, du calme ! » L’exhortation revient comme un leitmotiv au cœur des empoignades. Plusieurs leaders d’un grand parti politique d’Espagne sont soupçonnés de corruption. Parmi eux, Manuel López-Vidal (Antonio de la Torre), un cadre influent, bien coiffé, costume cintré. C’est le dauphin possible d’un président de Région. La caméra le colle de près. Tout est filmé, vécu, du point de vue de cet homme véreux. Montrer le mal de l’intérieur, voilà l’audace d’El reino (« Le Règne »), thriller original, où la corruption s’est insinuée un peu partout et ronge de larges pans de la société. Le film raconte un engrenage d’autant plus captivant que López-Vidal ne cesse de batailler. Fin tacticien doublé d’un bluffeur-né, il raisonne et agit vite, c’est son talent d’homme politique. C’est aussi sa drogue, et le film est au diapason de cette rapidité d’exécution phénoménale. De réunions avec les cadors du parti aux divers conciliabules, les situations s’enchaînent, les dialogues fusent. Tout paraît juste, rigoureux, alors même que règne l’implicite, que des enjeux nous échappent, qu’on ne sait plus qui est loyal, qui est traître. El reino laisse ainsi des zones d’ombre, cultive savamment l’ellipse et ne dit rien de la couleur du parti en question. Ce ne sont pas les doctrines ou les programmes qui sont décrits, mais les rouages d’une politique ­vidée de son sens.