«Dune» de Jodorowsky

Arte
15/02/19 ~ 22:30 - 23:55

L’épopée du Dune inachevé de «Jodo», grand maître de l’étrange dans les années 1970, avec Dalí, Orson Welles et Mick Jagger au générique. Exaltant. Critique : Au panthéon des films inachevés, l'adaptation de Dune, de Frank Herbert, par le ­cinéaste (et chamane) chilien Alejandro Jodorowsky surclasse, par sa démesure, le ­Napoléon de Stanley Kubrick, le Don Quichotte de Terry Gilliam et la demi-douzaine de projets avortés d'Orson Welles... Retour en 1975 : fort du succès d'El Topo en 1970 et de La Montagne sacrée en 1973, « films trips » frottés à l'ésotérisme et au surréalisme, le producteur français Michel Seydoux donne carte blanche à « Jodo », qui sort de son chapeau un ambitieux projet de film de science-fiction, censé « ouvrir l'esprit du public à la façon du LSD ». Le réali­sateur recrute le dessinateur Jean Giraud, alias Moebius, pour concevoir le story-board, embauche Salvador Dalí à 100 000 dollars la minute, Mick Jagger et Orson Welles pour jouer les guerriers dans le désert algérien, confie la musique à Pink Floyd : bref, la crème de la crème hallucinogène des seventies. Mais il manque 5 millions de dollars (sur 15) pour boucler le budget d'un film prévu pour durer « entre douze et vingt heures »... Tous les prestigieux témoins de cet exaltant documentaire s'accordent à dire que le résultat aurait changé l'avenir du cinéma à effets spéciaux. C'est sans doute vrai quand on voit ce qu'Alien, Star Wars et consorts doivent à ce film invisible. « Dune existe à l'état de rêve, philosophe son créateur, et les rêves ont le pouvoir de changer le monde »... — Jérémie Couston