Deux fils

Canal+
02/04/20 ~ 08:50 - 10:15

Joseph veut laisser tomber son métier de médecin pour devenir écrivain. Une jeune femme l'a persuadée qu'il avait du talent. Joachim assiste, impuissant, à la crise existentielle de son père. Le jeune homme ne se remet pas d'une rupture amoureuse et en néglige ses études de psychiatrie. Yvan, son jeune frère collégien et en pleine crise mystique, assiste à la débacle de sa famille et se met à boire. L'arrivée d'une jeune femme dans la vie de Joachim pourrait changer la donne. De son côté, Joseph, malgré son manque de talent, veut continuer à croire en ses rêves... - Critique : Sur l’affiche, dessinée par Floc’h, les deux fils tiennent leur père, miniaturisé, par la main. Comme des parents attentifs agrippent leur enfant dans une rue animée. Dans cette comédie douce-amère, tout en délicatesse, les adultes se comportent comme des enfants, et les adolescents brûlent les étapes de leur émancipation. Ravagé par la mort de son frère, Joseph (Benoît Poelvoorde) abandonne son cabinet de médecin pour écrire un roman, persuadé, à tort, de marcher dans les pas de Tolstoï. Son fils aîné, Joachim (Vincent Lacoste), est à peine plus vaillant : torturé par sa dernière rupture amoureuse, il procrastine au lieu de travailler à sa thèse de psychiatrie. Yvan (Mathieu Capella, une révélation), le cadet, 13 ans, en pleine crise mystique, se met à boire en constatant avec angoisse l’effondrement de ses deux figures tutélaires. Sur un canevas classique de film d’apprentissage et de reconstruction sentimentale, Félix Moati exprime des choses très justes, et rarement dites, sur l’amour filial et fraternel. Les trois éclopés ne pourront grandir et s’en sortir qu’ensemble. En comblant leurs plaies laissées par la mort ou la solitude. Filmée dans l’anonymat des Grands Boulevards parisiens, souvent la nuit, propice aux errances et aux transgressions, cette quête désespérée de consolation évite tout pathos, grâce à son trio d’acteurs aux corps burlesques.