Des gens sans importance

Arte
01/10/18 ~ 13:35 - 15:35

Jean Viard, chauffeur de poids lourds, la cinquantaine fatiguée, et son coéquipier Berty se sont arrêtés au relais routier «La Caravane», le soir de Noël. Une nouvelle serveuse vient d'être embauchée. Elle s'appelle Clotilde. Rentré chez lui, Jean est accueilli froidement. Aux récriminations incessantes de son épouse vient s'ajouter le glacial mépris de sa fille. Jean ne trouve guère de consolation auprès de ses deux autres enfants. La vie lui pèse. Lors du voyage suivant, il fait à nouveau escale au restaurant, où Clotilde lui demande de l'emmener jusqu'à Bordeaux. Une idylle ne tarde pas à naître entre ces deux êtres solitaires et blessés par la vie... Critique : | Genre : comédie humaine et prolétaire. Dans un relais routier, Jean Viard, chauffeur de poids lourd, revoit ce qui lui est arrivé, ici même, deux ans auparavant. Faisant le trajet Paris-Bordeaux avec son copain Berty, il s'était arrêté au relais, le soir de Noël. Il avait remarqué la nouvelle serveuse, Clotilde... Dans le cinéma français « de qualité » des années 1950, ce film a occupé une place à part : il se référait à la tradition populiste et naturaliste d'avant guerre. Il peint remarquablement les petites gens, aux prises avec les accidents de la vie. Des êtres un peu pitoyables, unis par un adultère banal et victimes non plus du « destin » cher au réalisme poétique, mais de circonstances purement matérielles. Construit sur un retour en arrière, Des gens sans importance baigne dans une atmosphère de grisaille, un quotidien morne, avec des détails insolites. Les retours de Viard chez lui, où il est comme un intrus, la séquence du bal des routiers, l'hôtel louche où Clotilde se place comme femme de ménage... tout compose une chronique de la condition humaine en milieu prolétaire. Sans discours et sans démonstration, Gabin, accablé, fatigué, les épaules lasses et les lèvres serrées, subit les événements. Françoise Arnoul, sans sophistication, est vraie, émouvante. — Jacques Siclier