Demain, l'école

Arte
Du bon usage du cerveau
01/10/18 ~ 06:15 - 07:10

Des chercheurs utilisent les progrès des neurosciences en matière d'imagerie cérébrale dans l'espoir de révolutionner l'école. D'où l'émergence d'une nouvelle discipline, la «neuroéducation». Celle-ci consiste, notamment, à optimiser les mécanismes cérébraux permettant d'apprendre mieux. A l'aide d'électroencéphalogrammes, Eric Pakulak, directeur du Brain Development Lab de l'université de l'Oregon, s'est ainsi rendu compte que la capacité de concentration des élèves de maternelle variait selon leur milieu social. Ces recherches ont débouché sur un programme d'exercices spécifiques, destiné aux écoles de l'Etat accueillant des enfants défavorisés. Les neurosciences mettent aussi en évidence le rôle majeur de l'erreur, qui aide à la mémorisation en reconfigurant les réseaux neuronaux, dès lors que l'enfant réalise qu'il s'est trompé. Critique : A mesure que les sciences cognitives percent les secrets du fonctionnement du cerveau, en particulier grâce aux progrès fulgurants de l’imagerie cérébrale, des chercheurs du monde entier investissent le terrain de l’éducation. Pour que l’école soit plus performante, assure ainsi le neuroscientifique français Stanislas Dehaene, il faut « renforcer les piliers cérébraux de l’apprentissage », soit les grands mécanismes qui déterminent la vitesse et la facilité avec laquelle nous autres humains apprenons et mémorisons. Outre le pan théorique, ce second vole explore les applications concrètes, dans les salles de classe, des enseignements de ce champ de recherche émergent. Une école de Creil, dans l’Oise, a par exemple adopté le programme Les Savanturiers : un projet autour de l’observation des corneilles, pies et autres corvidés qui incite les élèves à formuler des hypothèses, à échanger des informations, à valider des résultats, à se tromper (notre cerveau fonctionne en apprenant de nos erreurs)… Les sciences cognitives vont-elles « révolutionner l’école », comme le pense Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement à l’Université Paris Descartes ? Le réalisateur Frédéric Castaignède (La Cité des Roms, OGM : mensonges et vérités) signale que l’essor de la « neuroéducation » provoque des craintes (ne réduit-elle pas l’élève à son cerveau, en éludant son environnement familial et social ?)… sans creuser davantage. Cet état des lieux est néanmoins passionnant.