Debbie Harry

Arte
Atomic Blondie
26/08/18 ~ 06:15 - 07:05

Debbie Harry grandit dans la classe moyenne suburbaine de l'Amérique des années 1950. Puis, à 20 ans, elle part tenter sa chance à New York, où elle trouve un job de serveuse au Max's Kansas City, la cantine des plus grandes stars. Dans les bars, oùelle joue avec son partenaire musical et amoureux Chris Stein. L'héroïne circule et fait des ravages. Dans le petit monde du punk rock naissant, le groupe Blondie peine à s'imposer. Debbie Harry en revanche fascine déjà cette scène alternative de junkies et d'artistes fauchés. Finalement convié en Californie, le groupe fait chavirer le Golden State. Puis l'Australie, via une face B, et enfin le reste du monde. La suite s'écrira en dollars, avec plus de trente millions d'albums vendus. Critique : Comment Angela Trimble, jeune fille adoptée par une famille de la sage banlieue américaine des années 1950, est-elle devenue Debbie Harry, chanteuse du groupe Blondie et première véritable icône féminine populaire du rock ? Le réalisateur Pascal Forneri répond à cette question en retraçant habilement ce destin hors du commun, qui s’inscrit dans les pas d’une autre icône, Marilyn, et s’explique par la soif inextinguible de liberté de l’artiste. Debbie est un pur produit du New York interlope des années 1970, dans lequel elle croise toutes les figures pop et underground importantes (Warhol, Bowie, Iggy, la scène du mythique CBGB…), y compris les plus sombres — elle a échappé, selon ses dires, au serial killer Ted Bundy. Mais elle passe rapidement du statut de témoin privilégié à actrice essentielle d’une époque. La présence d’une femme à la tête d’un groupe d’hommes n’allait pas de soi et fait figure de révolution dans une industrie musicale ostensiblement machiste. Debbie Harry devient un modèle, celui de la nouvelle « femme fatale », comme chantait Nico, voix warholienne du premier Velvet Underground, dont elle poursuit puis dépasse l’héritage. Insaisissable musicalement, elle est aussi le symbole d’une beauté inaccessible, définitivement sublimée par des milliers de photos, notamment celles de son compagnon et musicien Chris Stein. En jonglant astucieusement, à un rythme effréné, avec les archives, films et illustrations, Pascal Forneri rend un vibrant hommage à une artiste naturelle, drôle et sincère, finalement bien loin des poses artificielles de magazines qui ont fait sa légende. — Sébastien Mauge
 
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