Dans l'ombre de la Lune

Arte
06/02/19 ~ 09:25 - 11:00

En 1961, le président Kennedy annonce l'intention des Etats-Unis d'envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Cette bravade vise à démontrer, en pleine guerre froide, la supériorité technologique des Américains sur les Soviétiques. Vers la fin des années 60, ces aspirations spatiales deviennent aussi une précieuse source de fierté et d'unité pour un peuple déchiré par la guerre du Viêtnam et les assassinats de plusieurs leaders. «Dans l'ombre de la Lune» relate les différentes étapes qui ont mené aux premiers pas de Neil Armstrong sur le sol lunaire, et rend compte du sentiment d'émerveillement qui a entouré toute l'entreprise. Les astronautes qui ont pris part au programme Apollo racontent leurs souvenirs, illustrés par des images d'archives, souvent inédites. Critique : Ce fut peut-être le seul événement joyeux d'envergure mondiale au XXe siècle. Moins de cent ans après avoir appris à voler, l'homme baguenaudait gaillardement sur les blanches plaines lunaires. C'était en 1969, dans la nuit du 20 au 21 juillet. Après la première balade de Neil Armstrong et Buzz Aldrin, dix autres astronautes fouleront le sol sélénite. Mais en 1972, le programme Apollo s'achève. La Nasa a vaincu les Russes. Le public se lasse. Les crédits sont coupés, trois missions, annulées. Que reste-t-il de l'aventure aujourd'hui ? Des milliers de photos, des films, 380 kilogrammes de roches... Sur fond d'images d'archives évidemment époustouflantes, le film déroule les témoignages de ces pionniers septuagénaires indifférents au stress. Si les propos de Buzz Aldrin sont convenus et rebattus (cela fait quarante ans qu'il navigue de média en média pour parler de ces heures lunaires), ceux de Michael Collins (qui pilotait le module Eagle d'Apollo 11 et n'a jamais fichu un seul orteil sur la Lune) ou d'Alan Bean (Apollo 12) sont vraiment émouvants. Ces types-là ne se la racontent pas. Avec une économie de mots manifeste, ils disent clairement combien ce voyage sur la Lune a changé la perception qu'ils avaient de la Terre, cette minuscule bille bleutée cernée par le néant.