Daech, dans le cerveau du monstre

France 5
18/09/18 ~ 20:55 - 22:00

C'est une plongée dans le coeur de l'organisation mise en place par Daech que propose ce documentaire basé sur un patient travail d'enquête. En Libye, un jeune combattant a découvert un ordinateur regorgeant de fichiers informatiques directement liés à cette organisation terroriste. C'est à Kamal Redouani, grand reporter du service public français et spécialiste du Moyen-orient qu'a été remis cet ordinateur. Ce journaliste sillonne la Libye depuis de nombreuses années. Plusieurs de ses reportages ont été primés à l'international. Après dix-huit mois d'investigations, il livre un minutieux travail d'analyse et de vérification des documents découverts. Comment fonctionne Daech ? Quelle organisation dictatoriale permet à ce mouvement terroriste de renaître sans cesse de ses cendres ? Critique : A Syrte, en Libye, comme dans tous les territoires sous son contrôle, l’Etat islamique avait imposé une terreur brutale. Dans ce documentaire, Kamal Redouani, grand reporter et spécialiste du monde arabe, retrace la « descente aux enfers » de ses habitants avec une précision jamais égalée, grâce à deux « boîtes noires » qu’il a pu récupérer : un ordinateur personnel qui appartenait à Abou Abdellah al-Masri, l’un des quatre émirs de Syrte, et le t­éléphone portable de son employée. Examinés en France, disque dur et smartphone ont parlé. Des milliers d’écrits, de photos et de vidéos de premier ordre pour entrer « dans le cerveau du monstre », car l’émir était en charge des « finances de la guerre », de la « police islamique », des « esclaves » sexuelles et de l’embrigadement des enfants. Nourri par ces documents exceptionnels et par de nombreux témoignages, le film se déploie en Libye, de Syrte à Misrata, mais aussi en Turquie, où vivent, dans la clandestinité, d’anciens chefs de guerre de Daech. L’un d’eux, Syrien de 34 ans, tient des propos hallucinants, se targuant d’avoir exécuté « des drogués » et jeté un homosexuel du haut d’un immeuble. Une enquête stupéfiante et uni­que sur l’Etat islamique en Libye, qui a laissé la population exsangue, « sans rien, même plus une petite cuillère ».