Coups sur coups

France O
03/12/18 ~ 00:25 - 01:15

Le docteur Karine Dabadie, de l'unité médico-légale du CHU de Pointe-à-Pitre, reçoit des femmes en détresse physique et psychologique, fuyant en urgence l'emprise d'un mari violent. Celles-ci trouvent aussi refuge dans les locaux de la Brigade de la famille. Ce film retrace chaque étape du parcours judiciaire de ces femmes, victimes de leur compagnon, et aborde avec justesse et sensibilité les questions sur les violences conjugales. Le contexte social de la Guadeloupe est particulièrement propice à ce genre de violences. La «toute-puissance masculine» est en effet profondément ancrée dans la culture antillaise. Critique : « Je pensais à mes enfants, je me disais que j’allais mourir. » Les mots tombent calmement, comme des larmes. Combien sont-elles, qui, à l’instar de Myriam, subissent ou ont subi la violence de leur conjoint au point d’en garder, quand elles en réchappent, des séquelles physiques ou morales irréversibles ? En Guadeloupe, où Anne Gintzburger a suivi la prise en charge des victimes et de leurs agresseurs, la violence domestique est endémique. A la pauvreté, qui accroît le risque de passage à l’acte, s’ajoute l’insularité, facteur d’isolement : les femmes se sentent doublement captives, de leurs situations socio-familiale et géographique. Le CHU de Pointe-à-Pitre répond à l’urgence grâce à un dispositif médico-judiciaire qui tourne à plein. A la moindre alerte, la machine se met en branle avec un objectif principal : protéger la victime. L’écoute est cruciale. Il faut dire et redire à ces femmes que rien ne justifie les coups reçus. Le film montre le nombre et le poids des étapes nécessaires pour parvenir à la reconstruction. Au plus près de Myriam, Christelle et Célia, la réalisatrice trouve le ton juste pour saluer à la fois leur courage et le professionnalisme de celles et ceux qui les aident.