Coup de poker sur l'essence

Arte
20/12/18 ~ 09:25 - 10:25

En 2012, un jeune analyste français des marchés pétroliers anonce la chute prochaine des cours du brut. Fin 2013, son scénario se confirme et le baril de brut perd 70% de sa valeur. Différents facteurs ont contribué à cette baisse dont le plus décisif est le bras de fer perdu par l'Arabie saoudite contre les Etats-Unis. Ces derniers, grâce à leur pétrole de schiste, deviennent en 2018 le premier producteur d'or noir de la planète. Ils bouleversent ainsi l'ordre pétrolier mondial au grand dam de leurs alliés saoudiens. Cette incroyable partie de poker entre pays producteurs dessine un nouveau monde où certains pays, comme la Norvège, se projettent déjà à l'étape suivante : les énergies renouvelables. Critique : « Il y eut une époque où le plein d’essence ne valait rien et signifiait la liberté, prélude la voix off. Et puis l’insouciance a pris fin avec le choc brutal du prix du carburant […] Notre dépendance au pétrole allait nous coûter cher. » Or, depuis quelques années, la menace de l’épuisement total des ressources n’est plus qu’un mirage. Contre toute attente, le monde regorge de pétrole et le baril est devenu une arme de spéculation massive — jusqu’à 147 dollars en 2008 ! Dans une étude choc publiée en 2012, l’analyste financier Alexander Andlauer avait pourtant prédit sa chute imminente. A raison : de 2014 à 2016, le cours du Brent allait perdre 70 % de sa valeur. « C’était compter sans l’exploitation du pétrole de schiste américain », révèle ce documentaire aussi éloquent qu’édifiant. Spécialiste des marchés de matières premières, Jean Crépu nous décrit avec une limpidité et un didactisme inouïs les arcanes de l’incroyable partie de poker qui s’est alors jouée entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. La première monarchie du Golfe a fait le pari de précipiter le prix du baril à moins de 25 dollars pour contrer la ruée vers l’or noir américain. En vain… Cette enquête vertigineuse, digne d’un thriller géopolitique et économique, nous mène de Riyad aux réunions de l’Opep à Vienne, en passant par le Texas et la Norvège, qui a réinvesti sa manne pétrolière dans la transition écologique. Un tour d’horizon éclairant du monde de brut(es) qu’est cette industrie.
 
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