Confirmation

Canal+
03/07/18 ~ 02:35 - 04:25

En 1991, le juge afro-américain Clarence Thomas est choisi par le président Bush pour siéger à la Cour suprême. Alors que sa nomination est en attente de confirmation, un scandale éclate. Le FBI révèle qu'Anita Hill, une ancienne collègue du magistrat, a porté plainte contre lui pour harcèlement sexuel... Critique : 1991. Le juge afro-américain Clarence Thomas est choisi par le président Bush pour siéger à la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis. Ne manque à sa nomination définitive que la confirmation du Sénat. Mais le vote est bientôt compromis par les révélations du FBI : Anita Hill, professeur de droit à l'université d'Oklahoma et ancienne collègue de Thomas, l'accuse de harcèlement sexuel. Les auditions au Sénat, diffusées en direct à la télévision, deviennent le théâtre d'un sidérant psychodrame national. Alors que Thomas dénonce un « lynchage raciste », le témoignage de la jeune femme, également afro-américaine, agit comme le révélateur d'un fléau social occulté. Tensions raciales, relations entre les sexes, télescopage entre sphère privée et vie publique, enjeux politiques majeurs... Il y a vingt-cinq ans, l'affaire Hill/Thomas lançait une matière hautement explosive à la face de l'Amérique et inaugurait une longue série de scandales sexuels. S'il ne s'avance pas sur le terrain de la véracité des faits (après l'abandon des audiences, le juge Thomas fut finalement confirmé par un vote serré), le téléfilm tente clairement de susciter de l'empathie pour Anita Hill, incarnée par Kerry Washington sur le mode, peu convaincant, du « petit oiseau blessé ». La reconstitution, prudente et minutieuse, se paye au prix de lourdeurs narratives mais livre, au final, une analyse plutôt lucide de cette affaire, qui interrogea brutalement le droit des femmes dans la société américaine. — Isabelle Poitte