Concerto pour violon et orchestre n°5, de Mozart

Arte
05:00 - 05:45

Les concertos pour violon ont été écrits par Mozart alors qu'il revenait de Munich, où il venait de créer son opéra «La Finta Giardiniera». S'il se montre moins novateur que dans ses oeuvres pour piano, il s'adapte néanmoins avec une très grande virtuosité au goût du jour, influencé par la musique galante de France. Daté de décembre 1775, le cinquième concerto est le plus célèbre. Dans une superbe salle de concerts où des chandeliers aux bougies allumées éclairent les murs, l'orchestre forme un cercle autour de Yehudi Menuhin et la caméra inspirée d'Henri-Georges Clouzot se promène avec une grande liberté formelle. Critique : A l'été 1955, Henri-Georges Clouzot tournait Le Mystère Picasso et inventait une nouvelle façon de filmer l'art. Très impressionné par le résultat, Herbert von Karajan lui proposa, quelques années plus tard, de collaborer sur une série, plus classique, de cinq documentaires musicaux. Le premier est ici diffusé dans le cadre d'une journée hommage à Yehudi Menuhin qui aurait eu 100 ans cette année : au programme, le Concerto pour violon et orchestre no5 en la majeur de Mozart, interprété par le violoniste et le Wiener Symphoniker. Très simple dans sa structure, le film est découpé en trois séquences d'inégale longueur. La première met en scène une discussion sur la direction d'orchestre entre le chef star et le soliste, qui tient en fait plus de l'interrogatoire — fort civil — du second par le premier. Souvent isolés par des gros plans, les deux maîtres apparaissent aussi complémentaires que dissemblables : Karajan assis, chevelure sculptée et col relevé, accent légèrement guttural et débit heurté ; Menuhin debout, plus rond et doux, au charisme plus discret mais tout aussi intense. Suit un extrait de la répétition avec l'orchestre, recherche patiente de la note juste, de la cohésion parfaite sous la baguette. Vient enfin, pendant près d'une demi-heure, l'exécution in extenso de l'oeuvre : une leçon à la fois de musique et de cinéma. — Vincent Arquillière
 
Chargement...
Chargement...