Cogolin, ville à vendre

LCP
21/07/18 ~ 23:30 - 00:30

Cogolin, ville FN depuis les élections municipales de 2014, est le théâtre de luttes incessantes autour de son maire Marc-Etienne Lansade. Pascal Lorent, réalisateur et cameraman animalier, y habite. Il décide de suivre au quotidien l'actualité de la nouvelle municipalité. Entre démissions, crises de nerf, et scandales immobiliers, il montre une ville passée de l'extrême droite à l'extrême affairisme. Critique : Lorsqu’aux élections de 2014 la commune varoise de Cogolin passe sous pavillon FN, le réalisateur Pascal Lorent commence la chronique de la gestion de sa ville par le parachuté Marc-Etienne Lansade. Aux premiers conseils municipaux, les élus s’avouent très fiers de leur maire. Mais passé les premières mesures et saillies sécuritaires — de rigueur, pourrait-on dire, quand on se réclame du parti d’extrême droite —, Lansade se lance dans d’ahurissants projets immobiliers. Le scandale enfle, des élus claquent la porte… Sûr de son impunité, l’édile continue pourtant de saccager le droit, les règles des marchés publics, l’intégrité des lieux susceptibles de plus-values, etc., tandis que sur son visage apparaissent les stigmates de son goût immodéré pour la fête. Pascal Lorent aurait pu livrer un film qui renverse la table, tel un cri indigné. Plus efficacement, il s’en tient à une stricte relation des faits, qui se suffisent à eux-mêmes par leur ubuesque effet cumulatif. Alors qu’on ne parvient plus à hiérarchiser les turpitudes de Lansade, la caméra s’arrête sur les carcasses de tortues en voie de disparition écrabouillées par les engins d’un chantier pourtant interdit par la justice… Cette fois, on explose de colère. La coupe est pleine, pense-t-on. Puis vient l’épilogue, stupéfiant. Et l’on frémit à la pensée que là-bas, à Cogolin, le délire n’a pas encore pris fin.
 
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