CoeXister

Canal+
27/12/18 ~ 17:25 - 18:50

Depuis des années, un producteur de musique s'est contenté de lancer des pseudo-artistes. Les ventes ont dramatiquement chuté. Sa patronne le rappelle à l'ordre. Il doit trouver un nouveau projet rentable sinon c'est la porte. Il n'a que six mois pour dénicher la perle rare et remplir l'Olympia. Il pense avoir trouver LA bonne idée en réunissant un prêtre, un rabbin et un imam. Et ça marche ! Le groupe baptisé Coexister devient rapidement célèbre. Mais les choses dérapent quand les membres du trio se laissent happer par les dérives du show-business. Ils deviennent rapidement ingérables... Critique : | Genre : œcuménique. Après l’esclavage (Case départ, 2011) et la Françafrique (Le Crocodile du Botswanga, 2014), l’humoriste-réalisateur Fabrice Eboué s’empare à nouveau d’un sujet sensible : les tensions communautaires et religieuses. Dans le rôle d’un producteur de disques, il engage un curé, un rabbin et un imam pour chanter la diversité. A la manière des films de concours musicaux (type The Hit Girls), le parcours débute par une phase de recrutement — plutôt réussie —, se termine bien entendu sur un concert triomphal, en passant par la réalisation de clips — réjouissants pastiches. Pour ne choquer personne — Coexister est moins corrosif que ses deux premiers essais —, Eboué s’est arrangé pour que les religieux puissent être mis à distance. Le trio est, en effet, loin d’être exemplaire : le prêtre doute, le rabbin est dépressif, et l’imam est un imposteur. Certes, les personnages sont tirés à gros traits et l’humour n’est pas toujours raffiné. Mais il y a ici une bienveillance envers les protagonistes que ne possédait pas, sur un sujet proche, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014), la comédie mesquine de Philippe de Chauveron. Entre le prêtre, le rabbin et l’imam, les alliances se font et se défont, pour donner finalement une impression de « tous ensemble » plutôt que de « tous contre tous ». Avec une certaine habileté, le cinéaste parvient à prendre le pouls de l’époque : un silence choqué après une blague limite, puis un rire fédérateur.
 
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