Clemenceau dans le jardin de Monet

Arte
Chronique d'une amitié
24/11/18 ~ 05:40 - 06:35

Tout au long de leur vie, le «Tigre» et le peintre furent liés par une indéfectible amitié, à l'origine du legs de la série des Nymphéas à l'Etat français. Critique : Ils se rencontrèrent dans leur jeunesse. L’un se destinait à la médecine, l’autre à la peinture. Georges Clemenceau et Claude Monet, après s’être perdus de vue, se sont retrouvés des années plus tard : le premier était devenu un politicien en vue, le second avait acquis le statut de chef de file des impressionnistes. Ils ne se sont plus quittés. Jusqu’à la mort de Monet, en 1926, le jardin de ce dernier, à Giverny, fut l’écrin de leur amitié, le lieu où Clemenceau ­venait se réfugier dès qu’il en avait l’occasion pour retrouver ce « vieux frère » qu’il aimait profondément. Et qui, à la fin de la Première Guerre mondiale, lui confiera les célèbres Nymphéas. S’ouvrant sur les images du Tigre bouleversé à l’enterrement de son ami, ce documentaire s’efforce de cerner les ressorts de cette affection mutuelle. Qu’est-ce qui pouvait bien unir ces deux hommes aux caractères si différents, le paysagiste rêveur et le politique intransigeant ? Une admiration réciproque, nous répond le réalisateur François Prodromidès. Et une affinité plus secrète, plus indéfinissable, qui est le mystère au cœur du film. Celui-ci, d’une rare élégance, s’attarde avec sensualité sur les toiles de ­Monet et fait revivre, avec des extraits lus de leur correspondance, la tendre relation entre les deux hommes. On sort ému de cette chronique tout en douceur et en légèreté, à la tonalité subtilement mélancolique. Une franche réussite.
 
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