Chine, l'empire du temps

Arte
Les jésuites à la conquête de la Cité interdite
22/08/18 ~ 09:25 - 10:15

En janvier 1601, Matteo Ricci, un jeune jésuite originaire d'Italie, est le premier Européen à pénétrer en Chine pour en évangéliser les habitants. Formé à la géométrie et à l'algèbre, le missionnaire de la Compagnie de Jésus découvre l'astronomie chinoise, ses calendriers et ses instruments sophistiqués. Il comprend vite que l'art de mesurer le temps et de prévoir les phénomènes célestes, notamment les éclipses lunaires et solaires, sont capitales pour l'autorité impériale. Partageant les connaissances scientifiques des Européens, il s'impose petit à petit auprès des fonctionnaires du Bureau de l'astronomie. Au sein de la Cité interdite, au plus près du pouvoir, il espère convertir l'empereur à la religion catholique et, à sa suite, le peuple chinois. Critique : Science et religion ne font pas souvent bon ménage. Il arrive pourtant que les sœurs ennemies soient capables de s’entendre, comme ce fut le cas dans la Chine impériale du XVIe siècle. Alors que l’évangélisation de la population n’avance pas fort, les missionnaires jésuites dépêchés sur place ont une idée de génie. Ils décident de mettre à profit leur savoir en astronomie et en mathématiques pour s’attirer les faveurs du pouvoir et des intellectuels, révolutionnant les méthodes de calcul et l’organisation du calendrier chinois. L’enjeu politique est énorme : réussir ou non à prédire une éclipse peut avoir des répercussions historiques. Pour raconter ce pan d’histoire méconnu, ardu à illustrer, le documentaire-fiction suit scrupuleusement le parcours des missionnaires Ricci, Schall von Bell et Verbiest, et ne lésine pas sur la mise en scène. L’ensemble n’est pas toujours très heureux. Certaines séquences frôlent le kitsch, des interprétations peinent à convaincre. Cédric Condon oublie aussi de rappeler que ce « frôlement entre les sciences chinoise et occidentale » a pu profiter aux sociétés européennes, leur faisant, par exemple, découvrir le confucianisme. Mais la synthèse historique et l’originalité du sujet finissent par l’emporter.
 
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