Chambre 212

Canal+
07/07/20 ~ 01:06 - 02:30

Après vingt ans de mariage, Richard découvre la preuve d’une infidélité de Catherine, son épouse. Elle lui avoue qu’elle a eu des dizaines d’amants depuis leur mariage. C'était le seul moyen à ses yeux pour faire durer son couple, peu à peu gangréné par l’habitude. Il lui apprend que lui a toujours été fidèle. Quand la dispute atteint son apogée, elle décide d’aller s’installer pour la nuit à l’hôtel, de l’autre côté de la rue. Mais à peine arrivée dans cette chambre 212, avec vue sur l’appartement du couple, elle reçoit une étrange visite : son mari, âgé de 25 ans. Défile également sa prof de piano , sa mère, les différents hommes de sa vie ou plutôt d’une nuit … - Critique : Après une dispute sérieuse, Maria part s’installer dans l’hôtel situé juste en face du domicile conjugal. De sa fenêtre, elle regarde se morfondre cet homme qu’elle a aimé. Et entre les quatre murs de sa chambre, devenue magique, s’invitent, entre autres surprises, ce même Richard avec vingt-cinq ans de moins (Vincent Lacoste) et l’ancienne prof de piano de celui-ci (Camille Cottin), la femme que, peut-être, il aurait dû épouser… Après son drame sentimental sur fond de sida, Plaire, aimer et courir vite, Christophe Honoré opte pour la plus insolente des légèretés avec cette comédie du remariage, sous-genre mythique de Hollywood. Mais le cinéaste cinéphile convoque aussi le cinéma français le plus inventif, de Sacha Guitry pour la drôlerie, souvent rosse, du verbe, à Bertrand Blier ou Alain Resnais pour le sens de l’absurde et du rêve. Dans les vaudevilles, les portes claquent. Ici, elles s’ouvrent comme par enchantement sur d’autres temps, d’autres amants, de plus en plus nombreux, ou même, idée bouleversante, sur la possibilité d’un enfant qu’on n’a jamais eu. Cet irrésistible voyage doit beaucoup à Chiara Mastroianni, son art de la fantaisie et son débit de mitraillette. De film en film, Christophe Honoré impose son visage comme la preuve que les femmes libres n’ont que faire du temps qui passe, du moment qu’elles restent fidèles… à elles-mêmes.