Ce qui nous lie

Canal+
19/10/18 ~ 09:55 - 11:46

Cédric Klapisch observe deux frères et une sœur à peine trentenaires reprendre l'exploitation viticole de leur père à Meursault. Si les acteurs ignorent la sobriété, les scènes de groupe de cette chronique de la vigne sont très réussies. Critique : | Genre : cru honnête. Paris, Barcelone, New York… : Cédric Klapisch n’a jamais filmé que les villes et leurs habitants. Là, il pose sa caméra en pleine nature, en Bourgogne. Coécrit avec Santiago Amigorena, ami de lycée et déjà scénariste du Péril jeune (1994), son film raconte la reprise du domaine familial, à Meursault, par deux frères et une sœur à peine trentenaires, à la suite de la disparition prématurée du père, mort d’avoir respiré des pesticides toute sa vie. Mais la vigne et le vin bio, qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une fiction aussi bien documentée, intéressent moins le réalisateur que les relations humaines. « L’amour, c’est comme le vin, il faut du temps. Ça doit fermenter. Et ce n’est pas toujours pourri au final », philoso­phe-t-on au caveau. Qu’il s’agisse de la fratrie ou du couple, Klapisch reste fidèle à ses marottes : certains protagonistes frisent la caricature (le beau-père notable, la mère intrusive, le vendangeur fanfaron) et les acteurs ignorent la sobriété, Pio Marmaï et François Civil en tête. Les larmes sont également convoquées avec trop de ­facilité dans les scènes intimes mais le cinéaste réussit, comme souvent, les scènes de groupe, notamment lors de la fête qui célèbre la fin des vendanges et donne envie de prendre un aller simple pour la Côte-d’Or.