Camille

Canal+
29/09/20 ~ 07:19 - 08:48

En mai 2014, Bangui, la capitale de la République centrafricaine, est en état de pré-guerre civile. La Seleka, une rébellion venu du Nord musulman y affronte les anti-Balaka, des milices d’auto-défense chrétiennes. Camille, une photographe de 26 ans, se rend sur place et très vite, elle est fascinée par ce pays et sa jeunesse. La jeune femme, idéaliste, jeune et qui n’a pas froid aux yeux, part en reportage avec une milice anti-Balaka en province. Quelques jours plus tard elle est assassinée, d’une balle dans la tête, dans une embuscade... - Critique : C’est le portrait d’une jeune photojournaliste courageuse et idéaliste, assassinée en Centrafrique. Mais aussi celui d’un pays situé dans l’angle mort de l’actualité. Installée à Bangui entre octobre 2013 et mai 2014, Camille Lepage a couvert la guerre civile opposant les rebelles de la Séléka aux milices d’autodéfense villageoises, les anti-balaka, avant de tomber dans une embuscade le 12 mai 2014. Le fait d’avoir tourné in situ, avec des équipes et des acteurs locaux, contribue à la force de ce film, qui touche par son empathie, la simplicité brutale des séquences. Formidable de naturel, Nina Meurisse campe une femme déterminée, émouvante, désireuse de témoigner, mais également de s’intégrer au pays… Mais est-il possible de créer des liens avec une population dont on ne partage pas les souffrances quotidiennes ? « Tu es d’un côté de l’objectif et eux de l’autre », lui explique l’un de ses confrères. À la fois témoin, protagoniste et héritière, malgré elle, du passé colonial, Camille est sans cesse renvoyée à sa position d’étrangère. Condamnée à être per­pétuellement en porte-à-faux, alors même que son implication sincère lui coûtera la vie. Au-delà de la peinture sensible, très humaine, d’un destin brisé, ce beau film raconte, avec beaucoup de pudeur, l’histoire d’une relation (en partie) impossible.
 
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