Black Robe

Arte
02/11/20 ~ 13:35 - 15:35

Dans la guerre que se livrent Français et Anglais au Canada, en plein XVIIe siècle, les Hurons ont choisi leur camp. Ils combattent aux côtés des mangeurs de grenouilles. Un missionnaire jésuite, le père Laforgue, et son jeune servant de messe, confient leurs destinées à la tribu du chef Chomina. Celui-ci fait taire les sourdes récriminations des siens, qui occiraient bien l'ecclésiastique dont l'habit noir leur paraît de mauvais augure. Un groupe d'Iroquois, alliés des Anglais, montre moins de scrupules. Les Hurons, prisonniers, sont odieusement torturés. Quelques survivants, dont le chef, agonisant, sa fille et les deux missionnaires parviennent à s'échapper... - Critique : Cinéaste cosmopolite souvent compétent, parfois brillant, Bruce Beresford a fait du choc des cultures un thème récurrent de sa filmographie, comme en témoigne son célèbre (et sentimentaliste) Miss Daisy et son chauffeur. Rien de trop sirupeux, en revanche, dans Robe noire. Cette odyssée d’un jésuite parti évangéliser les Amérindiens au fin fond du Canada, au xviie siècle, penche vers la férocité. Sous l’œil des marmottes et des caribous, la tension monte entre l’étranger en soutane et les natifs, qui ont déjà leurs croyances et sont exaspérés par l’arrogance de celui qu’ils surnomment « Robe noire » avec mépris. C’est cette peinture des deux partis sous des traits ambivalents qui retient l’attention. Chacun est barbare et humain, grotesque et beau. Dans la lignée de Danse avec les loups, de Kevin Costner, et Mission, de Roland Joffé, le film n’évite par certains écueils — une crise de foi chrétienne, très xxe siècle, plaquée sur un personnage bien plus ancien. Pas de quoi se détourner de cette excursion sauvage et joliment paysagiste.