Benoît Hamon, fractures de campagne

France 3
26/04/18 ~ 23:30 - 00:25

Malgré une victoire en janvier 2017 et des sondages encourageants, Benoît Hamon a pourtant essuyé un échec cuisant lors de l'élection présidentielle qui a suivi. Quelques mois après sa défaite, Benoît Hamon a accepté de revenir sur cette «glissade irréversible», comme il l'appelle lui-même. Benoît Hamon revient avec franchise sur les erreurs qui ont participé à son échec et partage ce qu'il a ressenti tout au long de cette campagne. Regards croisés entre la perception du candidat PS à l'élection et celle du réalisateur et du chef-opérateur Grégoire de Calignon, qui ont vécu la campagne de l'intérieur. Il n'est pas question ici, ni de bilan, ni d'analyse distanciée, ni du récit d'une élection présidentielle, mais d'impressions et de témoignages sincères, après cette expérience politique qui commençait si bien et s'est terminée si mal. Critique : Sa voix s’est jointe à la mobilisation sociale qui secoue la France. Soutenu par son mouvement Génération.s, créé au lendemain de sa débâcle à la dernière élection présidentielle, Benoît Hamon tente ainsi, sans doute, de peser dans l’opposition au gouvernement. Y parviendra-t-il ? Telle est l’interrogation que soulève ce documentaire. Le film revient sur les grandes étapes de la campagne menée par l’ex-candidat socialiste, afin de décrypter les ressorts l’ayant conduit au faible score de 6,35 % des voix. Le procédé narratif croise le regard plutôt bienveillant du réalisateur Hugues Nancy et un exercice d’autocritique de Benoît Hamon. Fractures de campagne insiste sur l’isolement politique de celui qui sort pourtant victorieux de la primaire de la Belle Alliance populaire, en janvier 2017, avant de se fracasser trois mois plus tard. Cet échec était-il évitable ? Pour Benoît Hamon, les raisons de la débâcle tiennent au « très mauvais état de la social-démocratie incarnée par le Parti socialiste » et à la succession de trahisons des caciques du parti. Le réalisateur retient, quant à lui, une entrée en campagne ratée, « émaillée de ses relations difficiles à d’autres (le gouvernement, le PS, les Verts, Mélenchon…) plutôt que sur ses propositions ». Autant d’éléments observés lors de cette échéance. Le doc apporte donc peu de choses nouvelles de ce point de vue. En revanche, il prend toute sa saveur lorsque Benoît Hamon évoque ses états d’âme : l’envie de tout arrêter, sa piètre estime de ses anciens camarades du PS, et son envie de revanche.
 
Chargement...
Chargement...