Ben Harper et Charlie Musselwhite en concert à La Cigale

Arte
20/07/18 ~ 05:00 - 06:15

Sa voix sensuelle et sa musique métissée ont érigé Ben Harper en référence du folk rock américain. «No Mercy in this Land», son dernier album, qui renoue avec les racines du blues, a été composé à quatre mains par Ben Harper et l'harmoniciste Charlie Musselwhite, ancien Blues Brother, avec qui il avait déjà collaboré en 2013 sur l'album «Get up !». Critique : Vingt-huit étés ont beau les séparer, le songwriter Ben Harper et l’harmoniciste Charlie Musslwhite étaient faits pour se rencontrer, communier, créer. Quatre ans après le triomphe de Get up ! — sacré meilleur album de blues aux Grammy Awards —, ils livraient cet hiver le brûlot No mercy in this land. Traduire : « Pas de pitié sur cette terre ». Incantatoires, libératrices, ces chansons d’amour et à boire prêchent un blues électrique. Celui qui vient des tripes. Qui fend le cœur et galvanise l’âme. Mi-avril, le tandem donnait trois concerts mystiques à La ­Cigale, en formation guitare-basse-batterie. Coiffé d’un chapeau de pasteur, Ben Harper entonne When I go au devant de la scène, une guitare Weissenborn calée à plat sur ses cuisses. Le blues, bien plus que la folk, sied comme un gant à son timbre éraillé. Croix du Christ sur chemise noire, Charlie Musslwhite fait vibrer en écho son mythique harmonica. Rappelons que le septuagénaire s’est jadis illustré aux côtés de Muddy Waters, B.B. King ou John Lee Hooker… « Je ne suis qu’un gars du Mississippi », souffle-t-il au public enfiévré. Tantôt assis dans la pénombre, tantôt debout sur de gigantesques tapis orientaux, l’incandescent duo ne cesse d’osciller entre riffs frénétiques (I don’t believe a word you say), hymnes classiques (Love and Trust) et solos poignants (All that matters now). Standing ovation à la clé.