Bande à part

Arte
21/07/18 ~ 01:35 - 03:10

Deux larrons en quête de mauvais coup, Franz et Arthur, s'arrangent pour faire la connaissance d'une étudiante qui loge chez une excentrique vieille dame dans une villa isolée près de Joinville. Odile, la jeune femme, leur confirme que son hôtesse dissimule, dans un coffre, un beau paquet de billets. Après une première tentative de cambriolage avortée, les trois amis reviennent à la charge. Surpris par la vieille dame, ils la bâillonnent et l'enferment avant de se mettre en quête du magot. Hélas, leur butin est bien loin d'égaler leurs rêves et les cambrioleurs amateurs délivrent leur captive. Arthur juge Odile responsable de ce lamentable échec... Critique : | Genre : western de banlieue (dixit Godard). Derrière « bande à part », il faut entendre déviance, contrebande, ou encore dandysme. Les dandys sont ici des jeunots attardés — Sami Frey, Claude Brasseur, derrière leur pupitre du cours d’anglais — qui s’amourachent d’une Anna Karina plus Lillian Gish que jamais, avec ses tresses et sa jupe plissée. Leur vie ressemble à du cinéma, à une série B de Joseph Lewis mâtinée de francité. Galurin vissé sur la tête, revolver à la main, ils se la jouent en Simca décapotable du côté de la Marne, entre Melville et Simenon. L’amour en fuite, le jeu, la bagarre, l’argent (volé), la danse. Godard emprunte comme toujours un peu partout — à Queneau, à Aragon, aux polars américains. Un an après le somptueux Mépris, avec Bardot, il revient à la débrouille. Il file un coup de jeune au polar, retourne ses figures de style et alimente le romanesque de la Nouvelle Vague, celui des bistrots, du métro, des personnages jouant à être eux-mêmes. On allait oublier l’essentiel, ce truc qu’on retient toujours d’un Godard : ici, c’est la visite à toute vitesse du Louvre, avec, à la clé, un record du monde battu de loufoquerie iconoclaste.
 
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