Balladur - Chirac : mensonges et trahisons

France 3
29/04/18 ~ 03:35 - 04:35

En 1995, la France connaît l'élection présidentielle la plus inattendue et la plus mouvementée de ces dernières décennies. Au coeur de la campagne, le combat fratricide entre deux hommes issus du même camp : Edouard Balladur et Jacques Chirac. Le 7 mai, après deux tentatives infructueuses, Jacques Chirac est enfin élu président de la République. Il a vaincu la gauche, mais il a surtout vaincu le pire des adversaires : Edouard Balladur, son ami et conseiller, qu'il a placé à Matignon deux ans plus tôt dans l'espoir qu'il lui prépare le terrain, et dont personne ne soupçonnait les visées élyséennes. Des archives et des interviews des principaux protagonistes et observateurs permettent de revivre l'élection de 1995. Critique : Ce fut autant un jeu de dupes que l’étalage au grand jour des complots politiciens. La présidentielle de 1995 a déjoué les pronostics, désavoué les sondeurs et surpris les éditorialistes. A cinq mois de l’élection, Edouard Balladur, Premier ministre, a conquis la presse et les appareils politiques. Il n’a pas encore annoncé sa candidature, début janvier, que les intentions de vote le créditent d’une confortable avance. Face à lui, le patron du RPR, Jacques Chirac, dont il a été le mentor et l’alter ego au sein des cabinets pompidoliens, s’enlise. Des affaires de financement occulte vont infléchir la donne. Dire que, plus de vingt ans après, les luttes fratricides entre balladuriens et chiraquiens ont conservé le charme des impitoyables joutes tactiques serait mensonger. Mais, apprécié à l’aune de la dernière campagne, l’ancien psychodrame appelle des comparaisons. Même si la plupart des témoins appartiennent plus à la catégorie des seconds couteaux discrets — Jean-Louis Bourlanges, Bernard Pons — qu’à celle des bretteurs de premier ordre, quelques saillies percent. Rapportés par Jean-Marie Colombani, alors directeur du Monde, les propos acerbes de Mitterrand à l’égard de Chirac amusent. Tout comme l’art de la litote dont abuse Roland Dumas, qui explique avoir doctement validé, en sa qualité de président du Conseil constitutionnel, les comptes de campagne des deux can­didats, malgré de « petites anomalies » !
 
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