Bacurau

Canal+
02/12/20 ~ 01:13 - 03:20

A Bacurau, village isolé du Sertão, une région pauvre du Brésil, c’est jour de deuil. La matriarche Carmelita, aimée de tous, vient de s’éteindre, à 94 ans. Tous les habitants viennent lui rendre hommage. Quelques jours plus tard, ils remarquent que Bacurau a disparu de la carte. Les autorités contrôlent l’eau et assoiffent volontairement une population sommée de quitter les lieux. Des villageois résistent et sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Des drones sous formes de soucoupes volantes scrutent leurs faits et gestes. Des Occidentaux – américains pour la plupart – s’apprêtent à mater les rebelles... - Critique : Détruire l’image fausse et unique des gens simples véhiculée par les Jair Bolsonaro du monde entier et en brandir une autre, foncièrement plurielle : voilà l’une des forces de cette histoire, qui réunit hommes et femmes de tous âges, de toutes couleurs de peau, de toutes professions et de toutes orientations sexuelles, maigrichons et obèses, doux et violents. Des habitants de Bacurau, village isolé et pauvre au nord-est du Brésil, où des événements bizarres surviennent. Sans réseau, le site prend peu à peu les allures d’un camp retranché, pas si éloigné du village fameux des irréductibles Gaulois, la terreur en plus. Des envahisseurs le menacent, des drones insolites en forme de soucoupe volante survolent le coin… Bacurau mélange la chronique néoréaliste, le western, le film de survie. Et la fable dystopique. Les cinéastes représentent habilement la corruption, le manque d’eau, la ghettoïsation de régions entières, les nouvelles formes de colonisation des pays dominants. Leur clairvoyance politique est associée à un imaginaire fort. Des figures inattendues peuplent cette guerre ouverte, terriblement proche du safari, où la violence va crescendo. À Bacurau, comme chez Astérix, on trouve aussi une potion magique : des psychotropes puissants, gobés par tous les habitants. Pour à la fois s’échapper et résister à l’horreur environnante.
 
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