Azur et Asmar

Gulli
16/08/18 ~ 22:30 - 00:15

Le créateur de Kirikou revient avec un conte humaniste d'une extraordinaire beauté visuelle, dans un somptueux Moyen Age rêvé, entre Orient et Occident. Critique : | Genre : légende dorée. Quelque part au nord de l’Afrique de Kirikou, minuscule et désormais fameux aventurier, Michel Ocelot déploie une autre fable : Azur et Asmar, l’histoire de deux frères de lait, l’un occidental, l’autre oriental, dans un Moyen Age rêvé. Ils ont grandi tous les deux dans les bras tendres et chauds de la même femme, Jenane, nourrice sarrasine, avant d’être séparés… Brodé de fil d’or, tendu de soie et de velours, peuplé de bêtes fabuleuses, de fruits charnus et de palmeraies luxuriantes, ce film d’animation est d’abord une intarissable source d’émerveillement visuel. La beauté hiératique d’un livre d’images, l’infinie douceur d’une berceuse : Ocelot rend un fastueux hommage à l’Islam médiéval, de marchés multicolores en palais des Mille et Une Nuits. Dans ces décors, qui rappellent sans la décalquer l’esthétique de Kirikou, les personnages prennent du relief grâce à une délicate utilisation de la 3D. Visages sensibles, regards intenses — bleu pour Azur le bien nommé, noir de jais pour Asmar. Ces deux faces de la même médaille, ces deux alter ego séparés par la cruauté du monde, d’un bord à l’autre de la Méditerranée, sont destinés à se rejoindre au bout de la même quête idéaliste. Ce conte classique est aussi un plaidoyer en faveur de la réconciliation et de la tolérance.