Au nom de la terre

Canal+
08/09/20 ~ 07:17 - 08:58

A 25 ans, Pierre reprend la ferme familiale avec enthousiasme. Il s'est formé à l'agriculture au Wyoming et a des rêves plein la tête. Il investit, agrandit la ferme. Les agriculteurs de la région le jalousent et pensent qu'il a la folie des grandeurs. Les dettes s'accumulent et Pierre est incapable de redresser son exploitation malgré un travail acharné. Son fils voudrait diriger la ferme un jour mais Pierre sait que il aura bien du mal à redresser la barre. Débute alors une longue descente aux enfers pour ce père de deux enfants, en dépit du soutien de sa femme Claire et de sa famille... - Critique : Quand Pierre, 25 ans, rentre du Wyoming pour retrouver sa future épouse dans la campagne française, il est beau comme un cow-boy. En signant le prêt qu’il a dû contracter pour reprendre l’exploitation familiale, il sait qu’il s’engage pour une vie entière de labeur, mais le jeune homme a la foi, et nous sommes dans ces années 1970 où un paysan pouvait encore rêver. Vingt ans plus tard, même s’il n’a cessé de se tuer à la tâche, l’étau s’est resserré et le surendettement le pousse à investir encore… C’est l’histoire d’un homme qui sombre et que rien, même pas l’amour des siens, ne pourra sauver : une véritable saga familiale qui illustre le drame du monde agricole de ces quarante dernières années. Cette remarquable authenticité vient, bien sûr, du fait qu’Édouard Bergeon raconte l’histoire de son propre père, mort en 1999. Mais, pour son premier film de fiction, ce réalisateur de nombreux documentaires et reportages sur le sujet sait exploiter toutes les ressources du cinéma. Comme dans les westerns, l’image en Scope célèbre la splendeur des champs et de la nature nourricière. Les hommes, suivis par d’amples travellings, circulent à cheval, à moto, à vélo ou sur des tracteurs qu’Édouard Bergeon filme comme des Cadillac. Guillaume Canet impressionne, acharné puis douloureux, tout entier engagé dans cette ode à la résistance des paysans.