Aquarius

Arte
27/02/19 ~ 20:55 - 23:15

La résistance d’une sexagénaire, critique musicale, face au harcèlement d’un promoteur immobilier. Un portrait captivant, allégorie de la société brésilienne. Critique : A la plage ou dans sa cuisine, elle se ­déplace comme une déesse athlétique. Veuve olympienne d’une soixantaine d’années, mère de trois enfants désormais grands, Clara vit seule, à Recife, dans un grand appartement, face à la mer. Elle doit faire face au harcèlement d’un promoteur immobilier qui a racheté tous les autres lots de l’immeuble, désormais désert. De propositions alléchantes, elle ne veut pas entendre parler. Deuxième long ­métrage de Kleber Mendonça Filho, Aquarius instaure un climat de tension cap­tivant, à la lisière du fantastique, sinon du mauvais rêve. Le talentueux cinéaste reprend une part du dispositif à l’œuvre dans Les Bruits de Recife, qui quadrillait un quartier résidentiel flambant neuf et ­hyper sécurisé. Entre chronique, douce divagation et guerre froide, la force du film est de dépasser la situation indi­viduelle de Clara pour une allégorie plus large, sociale et politique, de la société brésilienne contemporaine. Aquarius montre bien comment la spéculation et la corruption gangrènent les fondations du pays, divisent, engendrent de nouvelles formes de domination insidieuse. Ce n’est pas un hasard si le cinéaste a choisi Sonia Braga, fierté nationale, sex-symbol d’hier avec des films comme Dona Flor et ses deux maris, pour incarner la ­liberté. Elle est parfaite, osant se mettre à nu, se montrant tour à tour voluptueuse et intraitable. Retrouvez chaque jour notre Sélection TV, replay, Netflix, Youtube…