Anna Karina

Arte
Souviens-toi
15/07/18 ~ 02:40 - 03:00

Actrice incontournable de la Nouvelle Vague, muse et épouse un temps de Jean-Luc Godard, belle et moderne, libre et sensuelle, Anna Karina a mené une carrière internationale au cinéma. Des réalisateurs renommés, à l'instar de Fassbinder ou Schlöndorff, qu'elle fascine, l'ont réclamée dans leurs films, tout comme George Cukor, dont elle devient proche, Visconti ou Tony Richardson. Figure culte, icône de la mode, de la chanson et du septième art, Anna Karina a imposé un style intemporel qui inspire et fait rêver les nouvelles générations. Elle feuillette ici les grandes étapes du roman de sa vie. Critique : Elle restera à jamais l’égérie brune de Godard, avec lequel elle a tourné rien de moins que huit films. C’est rare une relation aussi féconde, à l’origine d’un tir groupé exceptionnel (dont Pierrot le Fou). Celle qui s’appelait à l’origine Hanne Karin Bayer a grandi sous les bombes, à ­Copenhague, durant la Seconde Guerre mondiale. Enfance malmenée par un père absent et une mère qui ne sait que faire d’elle. Ce sont ses grands-parents qui l’élèvent. Déjà fugueuse gosse, elle prend carrément le large à 17 ans en venant à Paris. Elle y devient mannequin. Elle tourne ensuite avec Godard, mais pas seulement. Deville, Visconti, Cukor, Schlöndorff, Fass­binder : sa filmographie compte mine de rien quelques grands noms du cinéma. Ce documentaire tient du portrait très affectueux (et pour cause : le réalisateur est son compagnon). Il manque parfois d’un peu de recul peut-être, mais il a le mérite de souligner son talent de chanteuse (Gainsbourg lui a consacré un album entier !) et quelques facettes oubliées. Le théâtre — où elle a joué avec succès La Religieuse avant le film de Rivette. Et la mise en scène — elle fut, avec Vivre ensemble (1973), chronique douce-amère sur le désamour, l’une des premières actrices françaises à passer derrière la caméra. Preuve de sa force de caractère et de son indépendance souveraine.