André Dang, un combat calédonien

LCP
28/10/18 ~ 10:00 - 11:00

André Dang naît en 1936 dans un campement de mineurs tonkinois de Nouvelle-Calédonie et grandit dans la misère. Ami du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, il souhaite, au début des années 1980, prendre le contrôle des mines de nickel de l'île afin d'offrir aux Kanak le contrôle de leurs richesses. Aujourd'hui, il a tenu parole : les élus et la population sont actionnaires majoritaires de sa mine. Critique : C’est la fabuleuse histoire d’un tycoon connu pour être un soutien farouche à la cause kanak. Alors que la Nouvelle-Calédonie, territoire français depuis 1853, se prononce le 4 novembre sur un référendum d’autodétermination, difficile de ne pas évoquer le parcours d’André Dang, homme d’affaires parmi les plus prospères et les plus influents du Pacifique Sud. Si l’archipel a pu afficher, il y a déjà plus de trente ans, les moyens et les instruments de ses ambitions indépendantistes, c’est en grande partie grâce à cet homme discret de 82 ans. Son portrait, dense et captivant, suit le fil chronologique de sa vie personnelle, de sa carrière ­industrielle et de son engagement politique. Né d’une famille pauvre vietnamienne venue trimer au fin fond des mines calédoniennes dans les années 1930, André Dang ­devient en quelques années un seigneur de la sidérurgie. Dès le début des années 1980, il exploite les mines de nickel du « Caillou » et peut alors aider le peuple kanak à accéder aux richesses du sous-sol. Un aspect longuement illustré à travers l’amitié qu’il noua avec Jean-Marie Tjibaou, le leader nationaliste assassiné en 1989, et par les liens forts qu’il garde aujourd’hui avec ses successeurs politiques. Le film, nourri de nombreuses archives et de témoignages, n’est pas seulement le récit d’une aventure humaine et industrielle. Il est d’abord une évocation palpitante de la longue lutte des Kanaks pour reconquérir leur dignité.   Suivi d’un débat animé par Jérôme Chapuis.