Amnesia

Arte
30/05/18 ~ 01:30 - 03:00

une Allemande refuse les atrocités commises jadis. Un jeune homme lui révèle l'indulgence… Marthe Keller illumine ce film généreux, mais un peu maladroit. Critique : | Genre : le passé retrouvé. Quelques mois auparavant, le mur de Berlin est tombé. Mais rien n'a changé pour Martha, ex-violoncelliste allemande, exilée sur les hauteurs d'Ibiza depuis des années : elle reste à l'écart du bruit et du monde. Murée en elle-même. A l'abri de tout, y compris du pardon. Les autres ont oublié, pas elle : Martha refuse toujours de parler sa langue maternelle, de boire un verre de riesling ou de monter dans la Volkswagen de son nouveau voisin, jeune, avenant, musicien, mais allemand. « Cette voiture est le triomphe posthume de Hitler », proclame-t-elle... Lumineuse et belle, Marthe Keller adoucit son personnage en rendant poignant son cheminement vers l'indulgence. Son affrontement avec la mère du jeune homme sur l'hypocrisie de la bonne conscience et la lâcheté de l'oubli est court, intense et beau. Bien plus que l'artificielle et interminable confession d'un Bruno Ganz peu à l'aise dans son rôle, et presque larmoyant. On aime l'idée, hitchcockienne, de Barbet Schroeder d'introduire avec lenteur le ver dans le fruit, de faire sourdre la noirceur du passé dans des lieux paisibles, que la lumière de Luciano Tovoli rend encore plus somptueux. En revanche, sa tentative d'effacer les tourments du monde par la musique tourne court : voir dans le club Amnesia des fêtards hurler de plaisir devant l'union improbable du violoncelle de Marthe Keller avec les sons électro du jeune Allemand provoque le fou rire. — Pierre Murat
 
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