Almost There

Arte
11/09/18 ~ 01:15 - 02:35

Comment bien vieillir et affronter la solitude ? Bob troque le confort de sa maison pour un camping-car et sillonne la Californie. Steve, drag-queen et humoriste quitte la pluie anglaise pour le soleil espagnol. A Tokyo, Yamada retrouve le sourire en lisant des histoires aux enfants. Portrait de trois hommes vieillissants, engagés dans un nouveau projet de vie. Critique : Quand sonne l’heure de la retraite, quand la vie cesse de décider pour nous de quoi nos journées seront faites, vient le moment de prendre en main notre existence et de savoir ce que l’on veut. Après avoir passé trente-huit ans dans la même entreprise, Genji Yamada ne veut pas devenir l’une de ces « feuilles mortes humides » dont on parle au Japon pour évoquer ces hommes à la maison qui collent aux basques de leur épouse. « Libéré et très seul en même temps », il cherche ce qui pourrait donner un sens à sa vie ou à ce qu’il en reste… Et il le trouve, après divers tâtonnements, en apprenant à lire des histoires aux enfants. Confronté à la même problématique, l’Américain Robert Pearson s’est acheté un camping-car et a fui Seattle pour explorer de nouveaux horizons en Californie. Quant à l’Anglais Steve Phillips, il s’est envolé pour la Costa Blanca espagnole, où il se produit dans des one-man-shows, travesti en femme. Articulé autour de confidences d’une sincérité souvent poignante, Almost there témoigne de leur apprentissage plus ou moins difficile de la vieillesse. Malheureusement, la documentariste suisse Jacqueline Zünd pose leurs voix sur des images composées avec un sens de l’artifice et un goût de la sur-signifiance qui ne manquent pas de les polluer. Ce que le film gagne en (effets de) style, il le perd en vérité ; et l’on ne saurait distinguer ce qui, des propos tenus ou de la mise en scène, produit le climat sciemment cafardeux de ce poème documentaire.